Une chanson n'est jamais complètement anodine. Et surtout l'engouement pour un style de musique en particulier (les chansons à la mode) est très révélateur de notre inconscient collectif et de notre imaginaire commun.
A la fin des années 30, par exemple, qu'écoute-t-on ? Face à la levée du nazisme, la France, en plein déni, entonne de tout cœur que « Tout va très bien Madame la marquise » (1935) et « Qu'est-ce qu'on attend pour être heureux ? » (1937)…Et ça vous étonne qu'on ait perdu la guerre ?
Autre exemple, qui montre combien la chanson épouse son époque, et comment elle se fait porte –parole de sa génération : en 1967, en pleine époque Yéyé, Jean Ferrat chante « Potemkine »…On pouvait s'attendre à quelque chose.
Cependant, la chanson n'est pas toujours bonne ; et d'ailleurs, elle n'a pas forcément besoin de l'être pour plaire. La différence entre la bonne et la mauvaise est que celle-ci s'échappe alors que celle-là demeure.
Qu'est ce qui fait alors une bonne Chanson ? Les paroles ? La musique ? Un beau poème mit en musique peut donner une mauvaise chanson ; une jolie mélodie peut perdre de son charme lorsqu'elle est mise en paroles. Alors ? Si l'on prend quelques exemples de chansons qui ont connu un grand succès qu'y trouve-t-on ? Et bien pas forcément grand chose, à priori, à part qu'elles ont été bien écrites. Exemples ? A foison :
« on ira où tu voudras quand tu voudras et l'on s'aimera encore lorsque l'amour sera mort… » (L'Eté Indien, Joe Dassin)
« Il neige sur le lac Majeur, Les oiseaux-lyre sont en pleurs » (Le lac majeur, Mort Shuman)
Alexandrie où l'amour danse avec la nuit, J'ai plus d'appétit, Qu'un Barracuda (Alexandrie Alexandra, Claude François)
Et l'on pourrait continuer longtemps comme ça ! Et pourtant ces chansons là, on les connaît, on les reconnaît, on ne les oublie pas…Car, « Longtemps, longtemps, longtemps après que les poètes ont disparu, leurs chansons courent encore dans les rues » (Trenet).
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